Auto-hypnose et burn-out

Utiliser l’hypnose sous sa forme personnelle (« l’auto-hypnose ») pour gérer son stress, ses émotions et prévenir le burn-out ? En voilà une bonne idée de nos amis Belges, facilement utilisable par tous, et généralisable à tout 🙂 !

Comment l’auto-hypnose peut prévenir le burn-out

L'auto-hypnose pour gérer la fatigue et les émotions et éviter le burn-out

20 minutes d’auto-hypnose diurne ont une force de réparation équivalente à 2 heures de sommeil nocturne. -contrastwerkstatt – Fotolia

Le crash de l’airbus a remis au centre des conversations les mots stress et burn-out. Il existe des ateliers d’auto-hypnose, pour aider à désamorcer l’escalade de stress.

Le docteur Éric Mairlot est neuropsychiatre, il traite des burn-out en consultations individuelles. Mais en parallèle, il fait tout un travail de prévention, grâce au travail d’auto-hypnose.

L’auto-hypnose, pour quoi faire ?

Dr Mairlot : « Le but des ateliers d’auto-hypnose, c’est de travailler la manière dont on gère le stress. C’est aussi de travailler la fatigue : comment gérer la fatigue diurne, qui est un des premiers signes de burn-out ou de stress chronique. »

« On apprend aussi à gérer des émotions qui peuvent être suscitées par un supérieur ou par des collègues, qui peuvent pousser la personne à se décourager par rapport à son travail, et arriver à des phases de désespoir. »

« On travaille l’émotion, le découragement, la motivation, la timidité, les problèmes pour parler en public… On soigne tous les troubles anxieux : les gens stressés, qui ont des problèmes psychosomatiques – des troubles du rythme cardiaque, des problèmes digestifs, l’allergie, les problèmes de peau, d’asthme… -, les stress post-traumatiques etc »

De quoi s’agit-il ?

L’auto hypnose n’est pas une technique de relaxation, selon le Dr Mairlot. « C’est une technique d’hyperconcentration, qui permet de modifier son état de conscience et être dans un état privilégié de fonctionnement qui se situe entre l’éveil et le sommeil. »

L’auto hypnose est plus ressourçant que le sommeil, d’après Éric Mairlot. « 20 minutes d’auto hypnose diurne, ça équivaut à au moins deux heures de sommeil nocturne. »

« C’est un état de recentrement où on se dissocie de tous les stress extérieurs. Cela permet au cerveau de se reposer vraiment profondément. On gère toute une série d’émotion très spontanément. En effet, pendant la nuit, on gère pas mal de chose avec les rêves notamment, mais avec une auto-hypnose diurne, l’inconscient est beaucoup plus actif : il y a des mécanismes d’auto-guérison. »

Comment ça se passe ?

OÙ ? On peut pratiquer l’auto-hypnose n’importe où, à condition de pouvoir faire abstraction du bruit qui nous entoure : « On peut faire ça dans le tram en rentrant chez soi, sur un plateau où il y a du monde… L’idée, c’est de se dissocier de l’extérieur quoi qu’il arrive. Par exemple, on apprend aux gens qui habitent Zaventem de se couper de la pollution sonore. »

QUAND ? Il faut en moyenne passer par trois ateliers qui durent chacun 2 h 30 à 3 heures. « Il y a des gens doués qui y arrivent en un seul atelier. »

Les quatre étapes

1. La focalisation

« On peut fixer un point qui tracé sur la main ou une tache de beauté, un bijou… Puis on observe ce qui se produit grâce à cette focalisation de la conscience. »

2. L’induction

Ce qui entoure le point devient de plus en plus flou et finit par disparaître. Les paupières sont de plus en plus lourdes, elles clignent de plus en plus et finissent par se fermer.

« On n’est pas obligé de le faire sur la fermeture des yeux », précise le Dr Mairlot. « On peut commencer avec les yeux fermés et se concentrer sur une sensation. Comme de la lourdeur dans les jambes, ou bien une sensation de fatigue, une sensation de bien-être… ou tout simplement la concentration. »

Le cerveau utilise de façon de plus en plus spontanée et utilise de moins en moins le mental. « On laisse la volonté de côté pour utiliser des fonctionnements indirects, qui sont liés à l’imagerie mentale. »

3. Techniques d’approfondissement

On peut encore aller plus profondément, « comme en imaginant descendre 20 marches d’escaliers. Cela peut être nécessaire pour se défatiguer. »

4. Sortie

On sort de l’état hypnotique spontanément après 15, 20 minutes : c’est spontané. « Si on a peur que ça dure trop longtemps ou que ça se transforme en sommeil, on programme une minuterie après 20 minutes. On sort spontanément de cet état quand la sonnerie survient. » Aux USA et au Japon, dans certaines entreprises il y a une pièce dédiée à la sieste, l’auto-hypnose ou la relaxation, avec des réveils vibrants pour sortir sans réveiller ses collègues. Et en Chine, la constitution a rendu obligatoire une pause de 20 à 30 minutes par jour dans toutes les entreprises.

On peut mettre en place une stratégie. « On peut se dire : “J’aimerais quand je suis en entretien avec mon patron être plus calme, plus posé, trouver plus facilement mes mots, être plus sûr de moi… ” Ces autosuggestions-là vont alimenter l’imagerie mentale. On va se voir face à son patron dans l’attitude qu’on souhaite avoir. »

Le neuropsychiatre explique que quand on a fait de la visualisation comme celle-là,  une fois qu’on se retrouve dans la réalité, c’est comme si la situation avait déjà été vécue. Et du coup, ça se passe beaucoup plus comme on l’avait souhaité.

Source : l’avenir.net

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